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Critique : Tracy Morgan derapage verbal homophobe

Les mots employés sont d’une violence qui a choqué Hollywood. Le comédien Tracy Morgan, qui tient l’un des rôles phares de la comédie 30 Rock, est l’objet de très vives critiques depuis hier après que des propos qu’il a tenus une semaine plus tôt ont fait surface sur le net. Au cours d’un spectacle donné à Nashville samedi dernier, l’acteur américain aurait en effet enchaîné une série de remarques homophobes qui a provoqué le départ de plusieurs spectateurs et qu’un internaute a publiées dans une note sur Facebook.

« Je poignarderais mon fils »

Si aucune vidéo n’a été mise en ligne et que les propos ne peuvent pas être vérifiés, ils n’ont en tout cas pas été démentis par le comédien, qui a publié hier un communiqué dans lequel il présente ses excuses, donnant ainsi du crédit aux propos publiés. Selon l’internaute, Tracy Morgan aurait ainsi déclaré, entre autres, que si son fils venait le voir et lui disait qu’il était gay, en lui parlant avec une voix efféminée, il le poignarderait.

Autres morceaux choisis, Tracy Morgan a affirmé qu’être gay était un choix parce que Dieu ne commet pas d’erreur, et que toute cette histoire de “Born This Way” était de la connerie, ou encore que l’homosexualité s’apprenait à cause des médias et que les jeunes gays harcelés et frappés n’avaient qu’à se bouger un peu et tabasser à leur tour leurs agresseurs au lieu de pleurnicher. Et la tirade s’est terminée par une déclaration du comédien qui a assuré qu’il se moquait de choquer quelques gays en employant des termes très crus.

NBC le condamne fermement

Quand l’affaire a finalement éclaté hier, Tracy Morgan a publié un communiqué :

Je souhaite présenter mes excuses à mes fans et à la communauté gay et lesbienne pour les mots que j’ai choisis (…). Je ne suis pas une personne remplie de haine et je n’encourage aucun acte de violence envers d’autres. Même si j’aime plaisanter à propos de tous de la même manière, et mes amis savent ce qui est dans mon coeur (…), je suis clairement allé trop loin et ce n’était drôle dans aucun contexte », a-t-il ainsi indiqué.

Quelques heures plus tard, NBC, qui diffuse la série 30 Rock, et Tina Fey, créatrice, productrice, scénariste et star de la série, ont fermement condamné le dérapage de l’acteur.

Nous n’encourageons aucun type de haine ou de violence et je suis heureux que Tracy Morgan se soit excusé », indique ainsi la chaîne. « Nous reconnaîtrons toujours le droit d’un artiste à s’exprimer, mais pas quand des choses dangereuses sont dites, peu importe le contexte. Les propos de Tracy impactent négativement 30 Rock et NBC - deux organisations ouvertes et où la diversité est de mise - et nous lui avons fait comprendre que ce type de comportement ne serait pas toléré ».

« Sans ses collègues gays et lesbiens, Tracy n’aurait pas de chèque chaque mois »

De son côté, Tina Fey a publié un communiqué plus tranchant encore, dans lequel la comédienne a clairement choisi ses mots avec beaucoup de soin.

Je suis contente que Tracy se soit excusé. Les humoristes ont le droit de tester leurs blagues dans leur forme la plus horrible et crue devant un public, mais les termes violents employés par Tracy me posent problème à une époque où les crimes contre les homosexuels continuent d’être une menace pour la communauté LGBT », explique ainsi l’actrice. Ca ne correspond pas au Tracy Morgan que je connais, qui n’est pas une personne haineuse et qui est généralement trop endormi et trop égocentrique pour faire du mal à une autre personne », note également Tina Fey. « J’espère pour lui que ses excuses seront acceptés par ses collègues gays et lesbiens sur 30 Rock, parce que sans eux, Tracy n’aurait pas de dialogue à lire, pas de vêtements à porter, pas de décors sur lesquels jouer, par des partenaires avec qui jouer ses scènes, ni de chèque de la compta à se mettre dans la poche ».

Justice : procès en appel pour Brice Hortefeux après la publication d’une vidéo sur le web

E n septembre 2009, une séquence vidéo publiée sur internet avait défrayé la chronique. On y voyait le ministre de l’Intérieur de l’époque, Brice Hortefeux, prononcer des propos déplacés à l’égard d’un jeune homme d’origine arabe lors des universités d’été de l’UMP. « Il en faut toujours un (un arabe, NDLR). Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes », avait-il notamment lancé.

Brice Hortefeux s’était défendu de tout dérapage et l’exécutif (y compris Nicolas Sarkozy) lui avait assuré de tout son soutien. Pourtant, le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) avait décidé de déposer plainte pour injure raciale. En juin dernier, le tribunal correctionnel de Paris avait jugé que ces propos « outrageants » stigmatisaient les arabes comme étant une source de problèmes et avait condamné le ministre pour injure raciale. De surcroît, le juge avait condamné le ministre à verser 750 euros d’amende et 2 000 euros de dommages et intérêts.

Brice Hortefeux avait immédiatement fait appel de la décision. Cette seconde audience se déroulera demain, jeudi 9 juin, devant la Cour d’appel.

Lady Gaga intelligement interdite au Liban

Bien que son nouvel album “Born this way” caracole en tête des charts, la chanteuse Lady Gaga a dû essuyer une lourde défaite au Moyen-Orient. Son opus vient en effet d’être interdit au Liban où il est jugé offensant pour la communauté chrétienne du pays, estimée à 40% de la population totale.

Des milliers de copies de Born this way” avaient été envoyées cette semaine à destination du Liban, avant d’être interceptées par les autorités locales. Cette décision fait notamment suite au retrait du single “Judas” des ondes libanaises, pour cause de référence controversée à la religion chrétienne.

Le Liban n’est pas le seul pays où le dernier single de la chanteuse a fait polémique. Aux Etats-Unis, de nombreux groupes religieux ont condamné ses paroles et son utilisation des icônes chrétiennes dans son clip. Les autorités malaisiennes avaient, quant à elles, censuré les paroles du single “Born This Way”, considérant qu’elles allaient à l’encontre du bon goût et de la décence. La phrase « No matter gay, straight or bi, lesbian, transgendered life, I’m on the right track baby », (qui signifie en français « que je sois gay, hétéro, bisexuelle, lesbienne ou transgenre, je suis sur la bonne voie ») avait ainsi été supprimée sur les ondes du pays.